vendredi 13 septembre 2013

Gherardt le grizzly gay

        Gherardt naît un beau matin de mars, au fin fond du Saskatchewan. Il vit une enfance heureuse, avec sa mère et sa sœur Greta. Ils pêchent le saumon, volent du miel aux abeilles, se grattent le dos au tronc des sapins. Ils ne connaissent par leur père, disparu avant même leur naissance.
        Arrive l'automne. Gherardt et Greta sont maintenant de beaux ours, solides sur leurs pattes arrières pour impressionner le chaland et largement bourrelés de graisse pour l'hiver. Leur mère aménage la caverne familiale en prévision du long sommeil qui les attend. Quand les premiers flocons tombent, elle les pousse gentiment vers le fond du trou et tous trois s'endorment comme des bienheureux. L'hiver passe dans une longue torpeur.
        A l'arrivée du printemps, on les voit faire quelques pas hébétés au soleil, s'étirer et bâiller longuement. Ils sont affamés et partent aussitôt en quête d'un casse-dalle. Mais bientôt les jeunes ours atteignent leur taille définitive. Leur mère prend ses distances, commence à se montrer rude. Pendant ce temps, Gherardt et Greta sentent monter en eux les chatouillis de l'âge adulte. La saison des amours est proche.
        Un matin, Gherardt se réveille et constate que Greta n'est plus là. Il questionne sa mère, qui bougonne que sa sœur est partie vivre sa vie et qu'il ferait bien d'en faire autant. Il est surpris. Quelque temps après, comme il tarde à saisir le message, sa mère le vire manu militari, lui enjoignant "d'aller se trouver une pouffe dans la vallée d'à côté".
        Le problème, c'est que Gherardt n'aime pas les pouffes. Il change de vallée, zone un peu puis se trouve un coin tranquille et mène une vie solitaire et vaguement mélancolique. Jusqu'à ce qu'un clair matin d'août, il tombe sur Terence le trappeur trans.

mardi 3 septembre 2013

José le sanglier à TOC

    Depuis toujours, José déteste le désordre et la saleté. Ça lui donne des tremblements spasmodiques. Son enfance est un enfer, qu'il subit vautré dans la fange au milieu de ses frères et sœurs, sous les mamelles sordides de sa mère.
     Dès qu'il en est capable, il quitte cette ambiance délétère et va creuser, dans son coin, un petit nid douillet, tapissé de feuilles fraîches et de menthe. José ne supporte pas l'haleine fétide du lever.
     Tous les soirs, à son réveil, il débarrasse sa vieille litière et cherche des feuilles fraîches, toutes de la même espèce et de la même taille. Puis il les arrange de façon géométrique, superposées comme les tuiles d'un toit, en rangs serrés partant de l'extérieur de sa bauge vers le centre. Ensuite il parsème l'ensemble de feuilles de menthe, là aussi selon un motif régulier. Cette occupation lui prend une grande partie de la nuit car José n'a pas de mains. Puis, quand toutes les feuilles sont ordonnées comme il faut, que les cercles concentriques sont parfaits, il prend sa vieille litière et l'emporte, assez loin car il n'arrive pas à s'endormir avec l'idée qu'il y a des saletés alentour.
     Enfin il part chercher à manger. Mais il passe tant de temps à soigner sa couche que c'est déjà le point du jour. Alors il mange n'importe quoi, des champignons semi-vénéneux, des sacs plastiques qui traînent dans le sous-bois, des limaces pleines de pesticides.
     José mène une existence très douloureuse, il est efflanqué et malheureux. Jusqu'au jour où il rencontre Alexandra, loutre gracieuse, constamment dans l'eau, le poil parfaitement lisse. Elle lui apprend une nouvelle forme de propreté, beaucoup moins contraignante. Avec elle, José devient le plus heureux des sangliers nageurs.

mercredi 28 août 2013

Acroximatif etc.

ACROXIMATIF n.m. Acronyme approximatif. Ex. : sasufasu : SAlt-SUgar-FAt Standardized Unit.

AIRAQUA n.f. sport Discipline où l'athlète, muni de diverses prothèses, enchaîne des figures de voltige dans un bassin et dans l'air au-dessus de l'eau. syn. : cybiogym 

CARPÉ-LAPIN n.m. sport Figure d'airaqua dans laquelle l'impulsion se prend accroupi au fond de l'eau, puis, en l'air, le cybiogymnaste se plie en deux au niveau des hanches, touchant ses pieds avec ses mains (ou autres extrémités). syn. : soubresaut grenu
 
CRACKAILLE n.f. Mafia trafiquant principalement le crack. 
 
CYBIO 1. n.m. et adj. Être constitué à la fois de tissus biologiques et de parties mécaniques. 2. Préfixe caractérisant ces êtres ou des objets et usages se rapportant à eux. Cybiocerveau planétaire, cybioclebs
 
PERSOPUCE n.f. Dispositif électronique implanté sous la peau, contenant des informations sur l'identité et l'état de santé du porteur. Murray s'était fait une fois de plus pirater sa persopuce et voilà que les robflics sonnaient à sa porte. Dieu sait quel usage la crackaille avait pu en faire. (A. Jodorowsky) 

PYGISTE n.m. et f. Personne s'adonnant au sexe de façon irrégulière et tarifée. 
 
RECORDITE n.f. méd. Tendance pathologique à conserver une trace numérique des événements, sans distinction d'importance ; compulsion d'enregistrement. syn. : Save-It-All Syndrome ou SIAS (mot anglais)
 
SURIMISTE n.m. Chômeur de longue durée en réinsertion dans un restaurant japonais.

jeudi 15 août 2013

Tony la gerboise sanglante

    Tony est petit et mignon. Depuis toujours, les dames s'extasient sur sa mine d'ange et lui caressent la tête en disant il est adorable.
     Ce que ces vieux sacs ne savent pas, c'est que Tony vit un enfer à l'école : profitant de sa petite taille, ses camarades le frappent constamment. Les parents de Tony habitent dans le quartier des iguanes, un coin très dur. Tous les jours, il entend oh les beaux yeux, oh qu'il a le poil doux, oh ces grands pieds si rigolos. Puis les coups commencent à pleuvoir.
    Ces jeux cruels durent depuis la maternelle. Mais, en sixième, un matin où l'un des meneurs s'approche pour le frapper comme chaque jour, Tony prend une impulsion puissante, lui colle sur la tempe un grand coup de pied retourné, saute à sa gorge et tranche la carotide de ses incisives aiguës. Il se redresse lentement, le regard fou, les moustaches frétillantes, son pelage crème souillé de sang.
     Plus tard il devient le chef de gang le plus violent d'Iguanada et savoure sa revanche.

mercredi 31 juillet 2013

John-John et la poussière dans l'oeil

         Le vilain vent du désert s'est levé cette nuit et ce matin le ciel est pris dans un voile terne. John-John jette un œil dehors en réchauffant son café. Aujourd'hui il faut rassembler les bêtes et marquer les veaux.
John-John se brûle l’œsophage en avalant son jus bouillant. Il sort en sacrant : saperlipopette !
Sitôt dehors, il est accueilli par une bourrasque sournoise, qui détourne son attention en lui enlevant son chapeau. Dès qu'il se met à courir pour le rattraper, elle lui lance une poignée de poussière au visage. Il commence à pleurer et son chapeau part au loin.
Il revient sur ses pas pour se rincer les yeux. Il plonge son visage dans le baquet derrière la maison mais le vent a mis plein de poussière dedans. Voilà maintenant qu'il a les dents qui crissent.
Il rentre dans la maison se rincer avec de l'eau propre mais il n'en a plus. Il se crache dans la main pour se rincer l’œil mais il a la bouche pleine de sable.
C'est l'impasse. Il faut demander de l'aide.
A tâtons, il selle son cheval, le fidèle Chupito, et part vers la ville. Sans chapeau, il n'a pas fière allure. Les larmes dessinent des chemins dans la poussière de ses joues.
Jamais la route ne lui a semblé aussi longue. Enfin, il arrive en vue de Las Nalgas. Il va demander de l'aide à Bill, le patron du bazar, qui est un ami.
John-John a encore reçu quelques kilos de poussière dans les yeux en chemin, si bien que ça le brûle atrocement comme il reste figé sur le pas de la porte : il devine que ce n'est pas Bill derrière le comptoir mais Rosie, sa fille. Maintenant il est trop tard : elle a vu qu'il pleure.
Mais Rosie est une chouette fille. Émue par son désarroi, elle lui sèche ses larmes.

samedi 13 juillet 2013

Cougnassou etc.

COUGNASSOU n.m. et adj. 1. Personne d'une maladresse benête. 2. Paresseux et égoïste. A cette époque, Han Solo était assez cougnassou. (J. Le Forestier)

CRAMOISI adj. 1. D'un rouge foncé. 2. Calciné, décomposé. Quand John-John quittait la maison, Rosie retrouvait toujours sous son lit quelques slips cramoisis. (J. Irving)

MÉDOR interj. Cri des patrouilles cynophiles de nuit dans les grands ensembles. – Par ext. n.m. Membre d'une milice illégale.
NYCTALOPE n. et adj. 1. Capable de voir dans l'obscurité. 2. Proxénète, crapineux.

POUTOUFFE n.f. Femme vulgaire et aguicheuse.

PROTHÉSISME n.m. Mouvement philosophique et politique du milieu du XXIe siècle, favorable à l'utilisation des prothèses.

PROTHÈTE n.m. Partisan du prothésisme.

PSEUDOPYGE adj. Portant un postérieur postiche. – Par ext. Indigne de confiance, versatile.

TESSITURE n.f. 1. mus. Registre des sons qu'une voix peut produire sans difficulté. 2. Préparation à base de verre pilé et de mélasse, ingérée par les moines trappistes en pénitence.

TROU-LA-TÊTE adj. inv. (mot créole) Distrait. 

 

Eh ben alors ?

toi, il suffit de mettre "sexe" pour te faire cliquer ? Tu trouves ça beau, un calamar tout nu ?

Bon allez, je ne suis pas chien, la voilà la sex-tape de calamars. Regarde comme la femelle devient toute bleue d'un coup à 45'', c'est joli.


Et si tu tombes sur ce message sans avoir cliqué auparavant sur un lien intitulé "sex-tapes de calamars", tu peux aller voir le fin mot de l'histoire sur Vents contraires "Nous sommes tous des clés USB" ou ici.