John-John
a un problème : en bon cow-boy solitaire, il n'est pas
marié. Comme il n'est pas marié, sa femme ne lui achète pas ses
caleçons. Il est obligé de les acheter lui-même et c'est toujours
pénible : le marchand de caleçons est à côté de la
marchande de jupons. En fait ces deux marchands sont mariés. John-John peut
comprendre qu'on tienne un magasin de caleçons quand on n'est pas
marié : on a ce qu'il faut sous la main, comme ça pas la peine
d'aller en acheter. Par contre, quel intérêt quand on est marié ?
John-John
enfonce son chapeau le plus possible, pour que personne ne voie son
regard limpide. Il passe en rasant les murs devant le magasin de
jupons et entre très vite dans le magasin de caleçons. Il en achète
dix, pour ne pas avoir à revenir de sitôt. Il paye et s'apprête à
ressortir. Sur le pas de la porte, il s'arrête net : Rosie est
là, en train de discuter avec une autre femme devant le magasin de
jupons.
John-John
est stupéfait : comment peuvent-elles discuter
ici ? Il n'arrive pas à sortir. Il
ne veut pas que Rosie le voie. Lui qui était si pressé de partir,
le voilà qui traîne dans le magasin, fait semblant de s'intéresser
à des plastrons et des chemises d'employés du télégraphe. Le
marchand prend tout de suite un air soupçonneux. John-John s'en
aperçoit et devient très gêné.
Poussé
par le regard soupçonneux, il se dirige vers la porte. Rosie est
toujours là, avec son amie. John-John sort et tourne dans la
direction où n'est pas son cheval, pour ne pas avoir à passer près
de Rosie. Il ne faut surtout pas qu'elle sache qu'il achète des
caleçons pour ses fesses.
Il
rase les murs mais il entend la voix de Rosie qui l'appelle
gaiement : « John-John ! »
Enfer.
lundi 8 juillet 2013
lundi 1 juillet 2013
John-John à la fête foraine
Sans raison valable, aujourd'hui John-John est contrarié. Le coq chante mal, un cordon de nuages traîne sur l'horizon, le vent fait rouler des boules de brindilles sur le sol. John-John trouve ça kitsch.
Pour
se changer les idées, il décide d'aller à la fête foraine.
Il
se met à cheval. La route est longue car la fête foraine est à San
Pedro. Il pourrait y aller en train mais ça le rend malade.
Après
quatre jours de voyage, dormant à la belle étoile, la tête sur sa
selle, il arrive à San Pedro. La fête foraine est toujours là.
Il
commence à sourire en entendant les cris des petits enfants. Il est
entouré de mères sévères et de bonnes débonnaires, qui courent
après des petits diables en costumes rayés.
Pour
se mettre en confiance, John-John commence par le stand de tir.
En
un quart d'heure, il gagne dix-sept ours en peluche géants. Il les
donne aux petits enfants, qui poussent des cris de joie et courent
derrière lui.
Puis
il va au rodéo. Il rit aux larmes en voyant un jeune con d'aristo se
briser la nuque sur la balustrade. Quand vient son tour, il tient le
bronco très serré et lui fait subir sa loi. Il se paie même le
luxe de lui labourer les flancs de ses éperons acérés.
Maintenant
tout à fait content de lui, John-John va aux grandes balançoires
qui tournent en rond. Il tremble un peu quand même en attachant sa
ceinture. Les petites filles autour de lui sont surexcitées dans
leurs robes roses. Dès que le manège démarre, John-John verdit. Il
vomit au troisième tour, traçant une belle parabole dans l'air.
Il
est chassé ignominieusement de la fête foraine par des bonnes en
fureur et des petites filles qui lui jettent des pommes d'amour
refroidies. Les ours en peluche sont brûlés en un grand feu
d'autodafé.
dimanche 30 juin 2013
Madame Irma vous parle.
mercredi 26 juin 2013
Artichoc etc.
ARTICHOC n.m.
méd. Forte réaction
anaphylactique faisant suite à
l'ingestion d'astéracées.
BLINDE-EN-PLUS n.m. Fam. D'une prudence excessive. syn. : terre-la-mort.
CELLO n.m. 1. Abr. Violoncelle. 2. Abr. Limoncello, liqueur italienne à base de citron. 3. Abr. Cervello (mot italien) Plaisir paroxystique, souvent provoqué par implant cérébral.
COCO-ZAMOUQUE adj. et n. (mot créole) 1. Atteint d'une maladie psychiatrique. 2. Cynique, sans scrupules. syn. : pouri-coco.
CONNEX adj. inv. 1. Équipé d'un implant cérébral. 2. Sociable, amical.
ÉPROUVANTABLE adj. Dont l'horreur dépasse toute description. Dès la nuit de noces, leur vie conjugale fut éprouvantable. (G. de Maupassant)
HANDICOMPATIBLE adj. Utilisable par une personne affectée d'un handicap.
PLÈQUE adj. 1. Rêche, dur. 2. Froid. Tous les soirs il rentrait ivre, ne se tenant plus. Elle l'attendait dans la cuisine, roide sur une chaise, plèque. (P. Michon)
RÉTROCUL adj. Conservateur en matières de mœurs. La duchesse se montrait singulièrement rétrocule en de pareilles circonstances, contrairement à Charlus, qui s'affairait en tous sens. (M. Proust)
BLINDE-EN-PLUS n.m. Fam. D'une prudence excessive. syn. : terre-la-mort.
CELLO n.m. 1. Abr. Violoncelle. 2. Abr. Limoncello, liqueur italienne à base de citron. 3. Abr. Cervello (mot italien) Plaisir paroxystique, souvent provoqué par implant cérébral.
COCO-ZAMOUQUE adj. et n. (mot créole) 1. Atteint d'une maladie psychiatrique. 2. Cynique, sans scrupules. syn. : pouri-coco.
CONNEX adj. inv. 1. Équipé d'un implant cérébral. 2. Sociable, amical.
ÉPROUVANTABLE adj. Dont l'horreur dépasse toute description. Dès la nuit de noces, leur vie conjugale fut éprouvantable. (G. de Maupassant)
HANDICOMPATIBLE adj. Utilisable par une personne affectée d'un handicap.
PLÈQUE adj. 1. Rêche, dur. 2. Froid. Tous les soirs il rentrait ivre, ne se tenant plus. Elle l'attendait dans la cuisine, roide sur une chaise, plèque. (P. Michon)
RÉTROCUL adj. Conservateur en matières de mœurs. La duchesse se montrait singulièrement rétrocule en de pareilles circonstances, contrairement à Charlus, qui s'affairait en tous sens. (M. Proust)
samedi 22 juin 2013
Qu'on le pende par les tripes !
Ça devait arriver ! Mon bouquin de pirates, Le Jamais Plus, est disponible depuis quelques jours, en papier de bois d'arbre véritable ou en petits 0 et 1. Alors pour te donner envie, voici quelques paragraphes.
Andrzej
est, comme Martón, originaire d’Europe orientale. On ne sait rien
de sa jeunesse, il n’en parle pas, ni de grand-chose d’autre
d’ailleurs. De fait, il parle assez mal, ce qui a sans doute un
rapport avec la structure bizarre de ses maxillaires.
En
revanche, on connaît les circonstances de l’accident qui l’a
défiguré : en 1895, il travaille comme mécanicien pour les
chemins de fer bavarois et un moteur lui explose au visage alors
qu’il tente de le démonter. Sa face est arrachée de son crâne.
Une
autre version de l’accident circule également ; elle évoque
un combat à la pelle contre un ours, une nuit froide le long d’une
ligne secondaire du réseau. Ayant momentanément le dessus, l’ours
aurait entrepris de dévorer Andrzej. Ceci pourrait expliquer
l’aversion notable d’Andrzej pour le commando Daikou aux
puissantes mâchoires.
Quelles
que soient les circonstances exactes de son accident, Andrzej subit
vingt-trois opérations dans la clinique privée du Docteur
Hackfleisch
à Ratisbonne. Ce dernier se passionne pour ce cas extrême, qui lui
permet de donner toute la mesure de son talent. Il soigne donc
Andrzej gracieusement et, roublard, acquiert ce faisant une notoriété
européenne, pas totalement méritée au vu du résultat.
mercredi 19 juin 2013
Barbraque etc.
BARBRAQUE n.f.
bouch.
Viande de bovin mort
d'encéphalopathie spongiforme. – Par ext. Personne grossière et stupide. Depuis
qu'elle était devenue chef de service, Mireille la petite
dactylo se comportait en vraie barbraque. (F. Dard)
BRÂTON
n.m. Type
de massue originaire de l'Ouest de la France. –
Par ext. Ivresse
déraisonnable. Kevin s'est mis un sacré brâton vendredi
soir !
BURG
n.m.
techn.
Dysfonctionnement
informatique faisant suite au malaise d'un technicien.
CRAPIN n.m.
Prostitution exercée dans des conditions d'hygiène douteuses.
DICON n.m.
(sigle de Delusion-Inducing COMpendium, mot angl.)
Compilation de définitions erronées. syn. Lexicon.
ŒSTRUCHE [ɛstryʃ]
n.f. sports Athlète
féminine dont
les performances à la course s'accroissent en période d'ovulation.
PARTIMONIE
n.f. littér.
Dans
la littérature romantique anglaise, brève
série d'échecs amoureux. Quand Henry partit pour Swansea
avec sa cousine, Lindya sanglota longuement, ne pouvant écarter totalement un profond sentiment de partimonie. (J.
Austen)
PORNE
adj.
Fam.
Se
dit d'un coït ennuyeux. –
Par ext. Décevant. Wesh,
trop porne le dernier Piggie Zuck !
dimanche 16 juin 2013
John-John en promenade
Quand
il va en ville, John-John remarque souvent que les femmes marchent
dans la rue lentement, on dirait qu'elles ne savent pas où elles
vont et elles s'arrêtent tout le temps pour parler en regardant
les yeux des autres. Certains hommes font ça aussi. John-John est
intrigué.
Un
jour, pour en avoir le cœur net, il va en ville et se met à suivre
deux femmes qui font ça. Elles marchent lentement, comme d'habitude.
A force, elles finissent par arriver au bout de la rue principale et
là, elles font demi-tour sur place. John-John, qui les suivait d'un
peu trop près, se retrouve nez-à-nez avec elles. Elles arrêtent de
parler et commencent à regarder ses yeux l'air contrarié. Lui
baisse le nez, les laisse passer et fait mine de continuer tout
droit. Elles repartent.
Après
quelques pas, il arrive au point où elles ont fait demi-tour. Il
fait demi-tour exactement comme elles, mais ça ne fait rien de
spécial. Il continue à les suivre d'un peu plus loin. L'une d'entre
elles jette un œil par-dessus son épaule et le voit. Elle dit un
mot à son amie et toutes les deux pressent le pas.
John-John, cherchant toujours à comprendre, fait de même, pour voir
comment ça fait.
Les
femmes regardent de nouveau derrière elles, le voient qui marche
vite désormais, et se mettent à courir. John-John les imite. Elles
s'affolent et cavalent à toutes jambes jusque chez le shérif.
John-John entre une seconde après, haletant. Les femmes se cachent
derrière le shérif, qui était en train de causer avec son adjoint.
Il regarde John-John avec surprise. John-John aussi.
Le
shérif demande à John-John ce qui se passe. John-John répond rien.
Le shérif demande aux femmes ce qui se passe. Elles répondent
qu'elles se promenaient tranquillement et que ce cow-boy solitaire
les a suivies.
John-John
trouve que c'est un peu exagéré, parce que courir à toutes jambes
jusque chez le shérif, il ne trouve pas ça très tranquille. Il
demande :
– Mais
pourquoi faites-vous ça ?
Les
femmes le regardent de travers, l'adjoint le regarde de travers, le
shérif répond :
– John-John,
quand on n'a rien à faire, quelquefois on se promène.
John-John
répond :
– Quand
je n'ai rien à faire, je ne fais rien, ou alors je cherche une idée
de quelque chose à faire, mais je ne cours pas chez le shérif.
Le
shérif répond :
– On
n'est pas tous pareils, John-John.
John-John
est d'accord.
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